Mairie du 19èmeUne ZSP dans le 19e


Une ZSP dans le 19e

Promise par Manuel Valls lors d’une visite de terrain dans le 19e en juillet 2012, puis annoncée à l’automne et officiellement lancée en février 2013, la Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP) du 19e arrondissement est en place et obtient ses premiers résultats.

C’est devant une salle bondée du Conseil de Quartier « Flandre Aubervilliers », présidé par mon ami Adji Ahoudian, que François Dagnaud, Maire du 19e, le Commissaire Rigon et moi-même avons présenté la ZSP 19e.

 

Tout d’abord le principe d’une ZSP.

Pour les plus anciens, ils se souviendront sûrement qu’à l’origine de ce concept il y une proposition de loi parlementaire déposée en 1993 par les deux députés du 19e, Jean-Christophe Cambadélis et Daniel Vaillant. Ils souhaitaient s’inspirer de Zones d’Education Prioritaires (ZEP) pour construire une politique de priorité et de partenariat sur un quartier donné.

Le principe est double. D’abord définir des quartiers où l’intervention publique en matière de sécurité serait renforcée (provisoirement) selon l’idée qu’il faut donner plus de moyens publics à ceux qui en manquent et en ont le plus besoin. L’égalité réelle donc. Celle que Dominique Strauss-Kahn théorisera plus tard sur nombre de domaines.

Ensuite la coordination des moyens publics (Police, Justice, Education Nationale, Mairie,…) et des acteurs locaux (associations de quartier, centres sociaux, clubs de prévention, …) dans un objectif commun et avec des moyens renforcés.

 

Chaque ZSP a ses propres priorités. Celle du 19e, dans un quartier allant de la Place de la Bataille de Stalingrad aux Orgues de Flandre, se concentre autour de deux objectifs : la lutte contre le crack et contre les vols avec violence.

 

Le crack est un fléau qui empoisonne le quartier de Stalingrad depuis de trop nombreuses années, avec des hauts et des bas, et ces temps-ci c’est plutôt un haut. La rénovation et la mutation profonde du quartier engagées par l’ancien Maire du 19e, Roger Madec, et son équipe avaient fait une première fois reculer le crack face au Bassin de la Villette revitalisé, à ses cinémas, auberges de jeunesse et terrasses accueillantes.

Mais il est revenu. Lutter contre le crack et ses effets dévastateurs tant physiques que psychiatriques, ne peut se faire qu’en prenant en compte la globalité de la situation. Lutte contre le trafic bien sûr, mais aussi traitement des toxicomanes et je veux rendre ici hommage à l’action des associations « Coordination Toxicomanie » et « Aurore ». Equipes de rue, appartements thérapeutiques, coordination des actions de répression et de traitement, opération « petits matins » en direction des toxicomanes en pleine « descente », c’est une politique globale qui est engagée avec pour objectif non pas de « repousser les toxicos un peu plus loin » mais, cette fois, de traiter le problème en profondeur.

Les premiers résultats sont là, démantèlement d’un premier trafic, saisie de près de 2 millions d’euros en liquide grâce au travail coordonné de la Police et des GIR, une dizaine de toxicomanes pris en charge médicalement et décrochant du crack, etc.

 

La lutte contre les vols avec violence, principalement le fait de jeunes mineurs de nos quartiers, se mène elle aussi sur plusieurs fronts. On le sait, ces vols sont particulièrement traumatisants. Agissant comme l’éclair, les jeunes voleurs arrachent un collier, un téléphone ou un sac à main. S’en prenant aux personnes les plus vulnérables, femmes, souvent âgées ou réputées « sans papiers » comme les asiatiques par exemple, ils accompagnent leurs larcins d’une violence physique et psychologique insupportable.

Là aussi il s’agit de réprimer, de condamner, mais aussi de prévenir. La prévention passe par le démantèlement des filières, en particulier celle de l’or. Ainsi les bijouteries du 19e sont contrôlées pour éviter la revente facile. Elles doivent tenir à disposition l’identité de tous les vendeurs d’or. Le non-respect de cette règle a conduit à des confiscations d’or, mais aussi, comme ce fut le cas dans le 19e, à la fermeture pure et simple d’une boutique.

 

La prévention c’est aussi détecter les jeunes mineurs susceptibles d’entrer dans la délinquance. C’est pourquoi, grâce à l’impulsion de Myriam El Khomri, adjointe de Bertrand Delanoë en charge de la prévention et de la sécurité, nous réunissons régulièrement une « cellule d’échange » entre principaux des collèges du 19e, Mairie, Police et Parquet Mineur. L’objectif : détecter les jeunes qui décrochent scolairement, multiplient les avertissements et exclusions, ou commettent leurs premiers larcins. Et ensuite s’assurer qu’ils sont suivis par un dispositif, que ce soit dans le cadre judiciaire (PJJ) ou social (Centres sociaux, clubs de prévention, éducateurs,…). C’est cet objectif qui nous conduit aussi à mettre en place un fonds spécial de prévention de la délinquance destiné à soutenir financièrement les projets associatifs locaux.

 

On le voit, une ZSP c’est une mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux, avec un soutien national et parisien, sur des objectifs communs et avec des actions coordonnées. Ce sera un travail de longue haleine. Mais nous le menons avec détermination.

 

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