Mairie de ParisQuelle belle victoire !


Hier soir, dans l’indifférence quasi générale, l’Assemblée Nationale a adopté en 2e lecture la loi sur le cumul des mandats, la rétablissant dans sa version originale après le vote au Sénat. Le vote solennel a lieu demain.

La première bonne nouvelle est sans doute justement que cela ait été adopté dans l’indifférence. Cela veut sans doute dire que le débat est enfin clos. Tous les arguments ont été échangés et les députés, comme depuis longtemps le corps électoral, se sont rendus à l’évidence de la pertinence de cette avancée.
Aujourd’hui  je repense à ces années de combat pour que la France adopte enfin cette mesure démocratique de bon sens, déjà largement partagée dans le monde entier.

De bon sens car il s’agit simplement de faire en sorte que, quand on a un mandat donné par les citoyennes et citoyens, on consacre tout son temps à le mettre en œuvre. Qu’on ne mélange ni les genres (entre exécutif et législatif) ni les niveaux de décision. Séparer les différentes natures et niveaux de pouvoir est l’essence même de la démocratie.
C’est aussi une nouvelle victoire après des années de combat, mené par des générations et des individus, pour construire un instrument de rénovation et de renouvellement permanent de la vie politique. Car en organisant la diversité des pouvoirs on lutte aussi contre leur concentration et ce qui, trop souvent, devient un système quasi-féodal.

 
Ce combat on l’a mené, on l’a cru souvent perdu face aux conservatismes et aux intérêts particuliers. Je veux saluer aujourd’hui tous ceux qui s’y sont engagés. Souvent dans la difficulté locale, dans le mépris de « ceux qui avaient déjà », dans la conflictualité contre la défense d’un vieux système qui « avait fait ses preuves », celui d’une France qui 200 ans après avoir fait sa révolution garde une telle fascination pour les hommes providentiels, figures tutélaires, un brin aristos, un poil autoritaires et paternalistes, et pas mal populistes.

Une nouvelle fois la gauche a porté ce combat dans la Loi de notre pays. Il n’est jamais fini et, moi et d’autres, nous le continuerons, mais cette semaine une très grande étape a été franchie.

La lutte contre le cumul et pour la rénovation est une lutte permanente où l’esprit réformiste (toute avancée est bonne à prendre) est une nécessité absolue. A Paris avec Anne Hidalgo nous avons cette année franchi une nouvelle étape, devançant l’application future de la Loi. C’est un acquis qui restera mais je ne peux m’empêcher de penser que nous devrons continuer à nous battre pour les étapes futures et gagner, un jour prochain, le strict mandat unique pour les parlementaires.

 
Mais aujourd’hui saluons l’avancée réelle, félicitons-nous et remercions les acteurs qui l’ont portée :  merci à Jean-Marc Ayrault notre Premier Ministre, et merci à Christophe Borgel, rapporteur du texte à l’Assemblée Nationale et qui a brillamment animé les débats et convaincu. Cher Christophe, cher ami, je te dis ici combien je suis fier de toi. Une nouvelle fois.