VagabondagesMardi 23 avril 2013 : Une belle journée et une amère victoire.


Mardi 23 avril 2013 : Une belle journée et une amère victoire.

Une belle journée car elle vient couronner des années de combat pour l’égalité. Car elle célèbre l’amour, les amours, la solidarité entre deux êtres humains et la volonté de transmission à travers la filiation. Une belle journée car elle permet d’amener cette égalité au sein même de la famille, là où l’homophobie est la plus dure car la plus intime.

Que le gouvernement et la majorité parlementaire soient remerciés d’avoir mené la bataille jusqu’au bout.

Mais aussi une amère victoire.

Oh, nous savions bien que ce ne serait malheureusement pas un chemin de roses, que les églises s’opposeraient, que la partie la plus réac de la droite s’exciterait. Mais nous pensions que les leçons du PACS avaient été tirées. Sarkozy lui-même ne l’avait-il reconnu?

Nous n’oublierons pas Madame Barjot, qui nous confond avec des chiens savants si mignons et drôles pour faire la fête mais indignes de faire famille.

Nous n’oublierons pas cette droite prête à laisser renaître l’homophobie dans la société française, et ses cortèges d’insupportables violences physiques et morales, pour marquer quelques points contre le gouvernement.

Nous n’oublierons pas non plus où tout cela est né, dans une campagne électorale où tout fut permis au candidat de la droite, pour ses Buisson et Guéant, y compris frôler l’innommable.

Il y a quelques mois, avec des amis dont Maxime Des Gayets, Sarah Proust ou Romain Blachier, nous disions dans la contribution « dépasser nos frontières » que si nous avions gagné d’un point de vue électoral, nous avions perdu la bataille idéologique contre une droite réactionnaire, la plus à droite de la Ve République. Nous venons d’en avoir la démonstration. Ne soyons pas naïfs, nous en avons pour des années.

Il nous faut donc relever le gant, mener la bataille idéologique et politique. Pour cela nous avons besoin de militants déterminés, de partis politiques dynamiques, d’intellectuels qui sortent de leurs frustrations du moment pour éclairer un autre avenir, celui du progrès, de l’égalité, de la société solidaire.

Alors oui ce soir nous ferons la fête, nous célèbrerons cette victoire, mais dès demain nous reprendrons le combat pour défendre notre idéal, celui de la République pour tous ! 

Et soyez en certains : nous ne lâcherons rien !