Mairie de ParisCandidat à la candidature aux élections européennes sur la liste LREM, je démissionne de mes fonctions d’Adjoint à la Maire de Paris


Ceux qui ici me suivent depuis de longues années savent mon attachement à la construction de l’Union Européenne. Fruit d’un processus historique inédit dans l’histoire, elle a vu des peuples et des nations parfois millénaires choisir librement de s’associer pour créer un avenir commun après de multiples guerres. Un avenir commun de Paix et de Progrès.Je crois cette construction historique aujourd’hui lourdement menacée dans ses fondations même. A la fois par le développement des mouvements populistes et nationalistes , mais aussi, et un lien entre les deux existe, par la technocratisation de la Commission Européenne sous la triste impulsion de son Président Junker. Ce qui pourrait tuer l’Union Européenne, c’est l’absence de volonté et d’engagement politique, celles des Peuples comme celles de leurs dirigeants.Le combat de mai 2019 sera donc double, contre les nationalistes qui veulent dépecer l’Europe et contre ceux qui la dirigent depuis tant d’années, la privatisant à leur petit profit, le « Seylmargate » n’en étant que la dernière caricature en date.Nous avons pourtant toujours plus besoin d’Europe. Pour porter dans le monde ce magnifique projet d’union volontaire démocratique et pacifique des peuples. Pour assurer à la bonne échelle la conversion écologique de notre continent. Car l’Europe, avant d’être des règlements c’est avant tout cela : un cadre démocratique d’action commune, un message d’ouverture, un carrefour de rencontres et d’échanges pour produire le meilleur de la pensée humaine, un outil de réalisation des chantiers d’avenir. La voir se refermer sur ses frontières face aux réfugiés, oubliant que c’est sa position de carrefour des peuples et de défenseuse des droits humains qui fait son identité et sa force est un véritable cauchemar auquel je ne me résous pas. Auquel nous ne devons pas nous résoudre.Engagé avec Emmanuel Macron depuis janvier 2017, à La République En Marche depuis juillet de la même année, me reconnaissant pleinement et avec enthousiasme dans la démarche du Président de la République, en particulier sur l’Europe, c’est naturellement auprès de la commission d’investiture de LREM que je dépose ma candidature pour mener ce combat.Militant depuis de nombreuses années contre le cumul des mandats, mais aussi le cumul des activités politiques, je considère que cette candidature à l’investiture n’est pas compatible avec mes fonctions d’adjoint à la Maire de Paris. Pas compatible dans le temps d’abord. On ne peut raisonnablement assumer des fonctions d’adjoint dans une ville de plus de 2 millions d’habitants et mener une campagne électorale. Ne pas l’admettre serait mentir aux électeurs. Pas compatible politiquement ensuite, car je ne souhaite pas engager l’exécutif parisien dans mes choix politiques. C’est pourquoi j’ai remis vendredi 2 novembre ma démission de mes fonctions d’adjoint à Anne Hidalgo.Co-auteur du programme en 2014, co-auteur de sa réalisation depuis, je veux dire ici ma fierté du travail accomplit à ses côtés. Et notamment d’avoir engagé avec un très grand volontarisme la capitale dans le défi que constitue le changement climatique et la transformation écologique. A la fois pour en réduire l’impact le plus possible, mais aussi pour se préparer aux changements à venir, maintenant malheureusement inéluctables. On pourra critiquer la méthode, c’est un moteur on ne peut plus légitime de la politique que de vouloir faire mieux que ceux qui sont aux manettes, je préfère en retenir la volonté et les décisions prises.Je remercie Anne Hidalgo de la confiance qu’elle m’a accordée ces 5 dernières années. Et l’ensemble de mes collègues de l’exécutif et du conseil de Paris pour le travail effectué ensemble.Démissionnant de l’exécutif, ayant annoncé qu’en tout état de cause je ne serai pas candidat aux municipales de 2020 (18 ans de ville de Paris c’est un bon bail, il faut savoir passer la main), je n’aurais pas de rôle actif dans les prochaines élections municipales. Qu’il me soit quand même permis ici de souhaiter qu’un large rassemblement des progressistes et des écologistes soit possible pour continuer d’emmener Paris vers son avenir. D’Anne Hidalgo à LREM en passant par les centristes et les écologistes constructifs, il y a là un espace politique dont je suis convaincu qu’il correspond au souhait de la majorité des Parisiennes et Parisiens, et qu’il est nécessaire, au premier ou deuxième tour, pour notre ville.

Mao Peninou. le 5 novembre 2018